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Les flottes publiques doivent accélérer leur verdissement

(Crédit: Fotolia)

 

(Paris, le 29 novembre 2020)

En matière de gestion des flottes publiques, on connaissait la circulaire Valls de 2015, puis la circulaire Cazeneuve en 2017. Voici désormais la circulaire Castex en date du 13 novembre 2020, qui fixe les grands principes de la nouvelle gestion du parc automobile de l’Etat, des établissements publics de l’Etat et des autres organismes. Rappelons que ce parc constitue la première flotte professionnelle en France.

Le maître-mot de cette circulaire est de placer la gestion de ces véhicules à l’heure de la transition énergétique, des nouvelles mobilités et de la sobriété écologique. A l’appui de cette démarche, deux textes réglementaires : la circulaire du 25 février 2020 et la loi d’Orientation des Mobilités de décembre 2019.

1. Des référents mobilités pour conduire la réforme

Des « référents mobilités » devront être nommés avant le 31 décembre 2020 dans chaque ministère, chaque préfecture de région et dans tous les établissements et organismes publics ayant une flotte de plus de 100 véhicules. Leur rôle sera d’encourager l’autopartage et le covoiturage avec les véhicules de service mais aussi les moyens de transport alternatifs à l’automobile. La voie aérienne, quant à elle, ne pourra être autorisée que lorsque le temps de trajet par la voie ferroviaire est supérieur à trois heures.

Chaque référent aura pour mission d’établir un plan de mobilité (PDM) dans son périmètre d’action et de le transmettre à la direction des achats de l’État (DAE) avant la fin de l’année. Par la suite, ils devront faire chaque année avant le 31 mars, un bilan annuel du PDM qui sera transmis à la DAE.

Les référents mobilité auront enfin la charge de déployer le réseau de bornes de recharge nécessaires à l’expansion des voitures électriques. Chaque référent mobilité établira une programmation des besoins en bornes et veillera à ce que l’équipement de tous les sites soit finalisé avant le 1er juillet 2021, en sollicitant le programme d’aide au financement Advenir. Le référent devra également animer, informer et sensibiliser les agents à la conduite des véhicules électriques.

2. Généralisation des plans de mobilités

La circulaire Castex vise avant tout à développer « une mobilité plurielle au sein des administrations ». Et le PDM sera l’un des outils privilégiés. Il devra comprendre le « recensement des moyens et services alternatifs à la mobilité », comme la visioconférence ou le télétravail, ainsi que des « transports autres que l’automobile à disposition des agents » telle une flotte de vélos électriques de service. Il contiendra aussi la description des outils mis en place afin de développer l’autopartage et le covoiturage pour les déplacements professionnels « dans le strict respect des exigences sanitaires », que ce soit au sein d’un même service ou avec des agents d’autres services de l’État. Il instaurera enfin une gestion triennale de la flotte automobile (avec actualisation annuelle) pour l’inventaire des parcs, le renouvellement par énergie, les objectifs de réduction du parc.

Un « forfait mobilités durables » de 200 €/an pour les agents de la fonction publique est en outre mis en place dans le cadre de leurs déplacements domicile-travail. La circulaire annonce enfin la généralisation en 2021 de l’expérimentation de covoiturage domicile-travail en cours dans les régions Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes.

3. Nouvelle doctrine pour la gestion du parc automobile

Comme prévu par la LOM, l’État et ses établissement publics doivent désormais respecter, lors du renouvellement annuel du parc, un seuil minimum de 50 % d’acquisition et-ou de location de véhicules à faibles émissions (VFE) – à savoir ceux dont les émissions de CO2 sont inférieures à 60 g/km, c’est-à-dire les véhicules électriques et hybrides rechargeables.

A partir de 2021, toutes les citadines (segment B) seront des véhicules électriques. Si un service souhaite acquérir un véhicule à motorisation essence sur ce segment, il doit transmettre pour validation à la DAE une demande de dérogation avec les éléments qui lui semblent justifier ce recours »,

Tous les nouveaux véhicules des ministres, des ministres délégués, des secrétaires d’État et des préfets seront électriques ou hybrides rechargeables,  à l’exception des véhicules blindés.

Le véhicule de fonction va voir son champ d’application limité. « Pour tous les organismes publics, l’affectation des véhicules de fonction sera désormais limitée à des « sujétions professionnelles objectives exigeant des déplacements récurrents en dehors des horaires professionnels usuels », telles que les astreintes de nuit ou de week-end. » Ils devront en outre être soit électriques soit hybrides rechargeables.

Enfin, et c’est un changement significatif, chaque responsable de parc va pouvoir déterminer la méthode de financement qu’il entend privilégier, entre acquisition et LLD. « L’achat en propriété ou LLD de véhicules à motorisation essence est possible, précise la DAE. En revanche l’acquisition ou la LLD de véhicules à motorisation diesel n’est autorisée que pour les seuls segments automobiles qui ne font pas l’objet d’offre de motorisation alternative des constructeurs. »

Diesel : ça sent quand même la fin

(Paris, le 16 novembre 2020)

Alors que la part de cette motorisation se situe à peine à 30 % sur le marché national et 69 % en entreprise, plusieurs constructeurs ont décidé de supprimer des versions de leur catalogue dès l’année prochaine. Les raisons sont multiples.

La première est liée à l’entrée en vigueur de la norme Euro 6 d.full (ou 6.3) qui s’appliquera dès janvier prochain. Elle implique des modifications techniques qui renchérissent de plusieurs centaines d’euros le prix des moteurs. Pour certaines marques, cela se traduit par l'ajout d'un catalyseur supplémentaire, d'un deuxième injecteur d'urée ou d'un nouveau système de refroidissement EGR à haute pression. Etant donné qu’il est plus coûteux de dépolluer un diesel qu’un modèle essence, la question du maintien se pose sur certains segments. C’est notamment le cas chez les citadines, où Dacia préfère pousser l’essence pour la Sandero, ainsi que Ford pour la Fiesta, Nissan pour la Micra, Seat pour l’Ibiza et Volkswagen pour la Polo. Ce choix est assez logique.

On voit aussi des versions disparaître sur les segments supérieurs. Y compris chez d’anciens ténors du Diesel. Ainsi, chez Peugeot, la 508 ne conserve pour 2021 que son BlueHDi 130 EAT8 à destination des entreprises. La marque au lion a décidé de supprimer les versions 160 et 180 ch afin de mettre l’accent sur l’hybride rechargeable de 225 ch. Sur le nouveau 3008, il n’y a plus de Blue HDI 180 ch. Il faut se contenter du seul moteur de 130 ch, avec boîte mécanique ou automatique. Peugeot préfère mettre l’accent sur les versions hybrides de 225 et 300 ch.

Renault est aussi en train de tourner le dos progressivement au Diesel. Ce moteur n’a pas été prévu sur l’Arkana, le SUV qui doit arriver en 2021. Celui-ci proposera la solution d’hybridation E-Tech, ainsi qu’une nouvelle micro-hybridation de 12 v. Par ailleurs, le Captur abandonne ses deux moteurs Diesel au profit de l’électrification. Outre la version E-Tech hybride rechargeable, il va s’enrichir d‘un mode hybride tout court et même d’une micro-hybridation 12 v. Sur le nouveau Scenic, prévu pour 2021, Renault a bien prévu deux moteurs Diesel de 120 et 150 ch. Mais, le plus puissant sera retiré du catalogue à la fin de l’année. Et sur la Mégane restylée seul subsistera le dCi de 115 ch. D’autres constructeurs ont fait le pari d’arrêter le Diesel aussi sur certains modèles : Mazda sur la 3, la 6 et le CX-30, ou encore Nissan sur le Qashqai.

Dans le haut de gamme, le choix de l’électrification est encore plus affirmé. Ainsi, au sein du groupe PSA, DS Automobiles n’a pas prévu de Diesel pour sa future berline DS9. Elle sera proposée en deux versions hybrides rechargeables de 250 et 306 ch. Pour sa part, Volvo a décidé de décliner le XC40 en hybride rechargeable et même en électrique. Si c’est plus anecdotique, Maserati abandonne aussi le Diesel sur la Ghibli, qui étrenne une micro-hybridation 48 v couplée avec un moteur à essence.

L'électrique bouscule l'avenir des stations-service en France

 

(Paris, le 6 Novembre 2020)

Les stations-service françaises sont à la croisée des chemins. Confrontées à un fort développement du parc automobile électrique, la demande de carburants est appelée à décroître significativement dans les quinze prochaines années, obligeant à une refonte assez substantielle du réseau.Telle est la conclusion d’une étude du cabinet Colombus Consulting publiée courant Octobre.

Les chiffres avancés donnent la mesure de la situation qui attend les 11 000 stations-service encore en activité dans l’hexagone (contre, rappelons-le, 41 600 unités il y a quarante ans) : baisse de la consommation de carburants d’un tiers ; chute de la fréquentation de près de moitié, notamment dans les grandes surfaces, qui ont fait du carburant un produit d’appel ; effondrement des profits compris entre un tiers et 50 %, selon les types de stations, ce qui condamnerait mécaniquement à la fermeture bon nombre d’unités, notamment celles installées en milieu rural. Avec le risque de voir apparaître des zones dites « blanches » sur le territoire alors que, comme le rappelle le cabinet, alors que « ce service de proximité est pourtant indispensable à la mobilité des habitants, dépendants de leur véhicule. ». A l’avenir, la balle sera sans doute dans le camp des collectivités locales, à charge pour elles de trouver des solutions innovantes alliant fourniture de carburant, service de courrier, alimentation etc…

Le réseau autoroutier devra, quant à lui s’adapter pour répondre aux besoins de mobilité sur de longues distances. « L’implantation de bornes de recharges électriques et la diversification des services sont essentielles pour maintenir la rentabilité des stations sur autoroute », insistent les auteurs de l’étude. Différents modes de recharge peuvent être imaginés : une recharge rapide (15 minutes environ) à coût plus élevé, pour les usagers les plus pressés ; une recharge plus lente (autour de 60 minutes), à tarif réduit, qui pourrait servir de produit d’appel pour les services et commerces sur place.

Pour Colombus Consulting, « la diversification des lieux de recharge énergétique va entraîner une mutation des lieux de ravitaillements traditionnels (stations-essence, autoroute, GMS). Ils vont évoluer et se décentraliser pour investir en priorité les emplacements de stationnement de longue durée (lieux de loisirs et de vie, lieux touristiques, etc.) ». Autant de challenges, donc pour les stations-service françaises, si elles veulent rester compétitives.

Nouveau départ pour Renault dans l'électrique

(Paris, le 4 novembre 2020)

Certes, Renault a vendu à ce jour 350 000 véhicules électriques depuis 2011, dont 110 000 ZOE. C’est bien, mais en dessous de ce qu’a fait Nissan sur la même période (450 000 exemplaires pour la seule Leaf) et loin du million de véhicules écoulés par Tesla, le numéro 1 mondial de l’électrique. La marque au losange a démarré la gamme Z.E avec la Fluence et le Kangoo, avant de proposer le Twizy puis l’iconique ZOE. Ce dernier modèle est le plus vendu de France et même d’Europe. Un succès qu’il doit à sa ligne indémodable et à son autonomie (395 km selon le cycle WLTP). Toutefois, si les professionnels peuvent aussi compter sur le Master Z.E dans les utilitaires, la gamme VP reste bien maigre face à une concurrence qui multiplie les lancements et les silhouettes (citadine, SUV…).

Renault a donc corrigé le tir avec la Twingo Electric, conçue en partenariat avec Daimler, et qui reprend les mêmes caractéristiques que la Smart ED. Toutefois le rayon d’action reste très limité, avec 180 km d'autonomie annoncée selon le cycle WLTP. Dans le cadre de l'événement e-Ways, qu’il a organisé sur plusieurs jours courant Otobre, le constructeur a dévoilé deux nouveautés électriques supplémentaires. Le nouveau patron, Luca di Meo, a ainsi présenté un premier modèle, issu de la Mégane. Baptisé eVision, ce concept impressionne par sa ligne. Il adopte les codes du coupé et du SUV. La Mégane électrique est basée sur une nouvelle plateforme adaptée à la propulsion électrique, baptisée CMF-EV, que le constructeur partage dorénavant avec Nissan (sur l’Ariya). Renault annonce 450 km d’autonomie, grâce à une batterie de 60 kWh. Le modèle de série sera présenté l’année prochaine. Un peu tard cependant pour concurrencer Volkswagen, dont l’ID3 a fait des débuts remarqués. Mais, la Mégane électrique ne manquera pas d’arguments, dont l’agilité et le confort. Ce modèle marque le début d’une stratégie désormais commune au sein de l’Alliance en matière de véhicules électriques.

Et puis, comme cela était attendu, la marque Dacia du groupe a aussi présenté une voiture électrique low cost. Il s’agit de la Dacia Spring Electric. C’est un mini-SUV dérivé d’un modèle électrique déjà vendu en Chine (la City KZE). L’autonomie est de 225 km, avec sa batterie de 26,8 kWh. Sortie prévue en 2021 avec un prix annoncé à 15 000 euros, hors bonus. La Spring débutera d’abord sa carrière en autopartage. En version utilitaire à deux places, elle pourrait intéresser les pros pour la livraison du dernier km.

Avec ces deux propositions et d’autres modèles à venir, Renault entend reprendre la main dans l’électrique. La marque vise 30 % de ses ventes avec des véhicules électrifiés à l’horizon 2030.

 

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