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Les villes où il fait bon rouler à vélo

(Paris, le 28 septembre 2018)

Quelles sont les villes dans le monde, où il fait bon rouler à vélo ? Tous les deux ans, le cabinet danois Copenhagenize publie son «  Baromètre des villes cyclables » (1). La dernière édition a été dévoilée en mars 2018. Les grandes gagnantes de ce palmarès sont les villes du Nord de l’Europe. La première ville française, Strasbourg, se classe en quatrième position.

  1. Copenhague – Depuis 20 ans, la capitale danoise investit massivement dans les infrastructures cyclables, faisant du vélo le mode de transport le plus rapide. Depuis 2016, il y  circule officiellement plus de vélos que de voitures. Deux habitants sur trois ne possèdent pas de véhicule. D’ici à 2025, la ville ambitionne d’atteindre les 50 % de déplacements à vélo. Un objectif qui permettrait de réduire considérablement les émissions de CO2 par an. A noter que 50 % des déplacements domicile-travail se font déjà à vélo à ce jour.
  2. Utrecht : Avec un budget de 194 millions d’euros à dépenser en cinq ans, la ville située dans le centre des Pays-Bas, dispose du plus grand parking à vélo du monde. Installé sur la place Jaabeursplein, juste en-dessous de la gare, le parking dispose d’une capacité de stockage de 12 500 vélos. Plusieurs infrastructures sont mises en place pour la circulation des vélos en ville, dont des feux spécifiques, de nouvelles règles de circulation imposant aux automobiles de rester derrière les vélos, ou encore des zones cyclables spécifiques. Ces dernières bénéficient toujours d’un revêtement de couleur rouge brique pour faciliter leur reconnaissance. 
  3. Amsterdam – La capitale des Pays-Bas compte près de 800 km de pistes cyclables. Avec 600 000 vélos pour 821 700 habitants, la ville compte presque autant de vélos que d’habitants. Mais cette augmentation croissante du nombre de cyclistes pose des problèmes au quotidien avec des embouteillages… de vélos. Aujourd’hui, le développement du vélo s’est accompagné d’un renforcement de l’intermodalité, qui permet aux usagers d’emprunter plusieurs moyens de transports pour leurs trajets. A ce jour, plus de 40 % des trajets domicile-travail sont effectués à vélo.
  4. Strasbourg – Pour la deuxième année consécutive, Strasbourg figure à la 4ème place du classement de Copenhague, juste au pied du podium. Avec 560 km de pistes cyclables, Strasbourg obtient la meilleure note des villes française dans la catégorie des agglomérations de plus de 200 000 habitants. Dans cette première ville cycliste de France, 15 % des déplacements urbains se font à bicyclette. Un premier pas pour s’imposer comme un modèle d’inspiration pour les autres villes de France.
  5. Malmö - La troisième plus grande ville de Suède compte plus de 500 km de pistes cyclables. Une campagne de communication intitulée « Pas de trajets ridicules en voiture » a aussi été déployée pour développer la culture du vélo. Côté innovations, Malmö a initié le premier immeuble conçu pour une vie sans voiture : le Cykelhuset Ohboy, littéralement, la maison du vélo. Situé à proximité du centre-ville pour réduire les déplacements, on y trouve uniquement des garages à vélos et ce, à tous les étages. D’autres services seront rendus aux cyclistes comme une station de réparation équipée d’outils, pompes et matériel de lavage.
  6. Bordeaux – Avec l’adoption d’un plan vélo sur huit ans, mis en place depuis 2012, Bordeaux souhaite atteindre les 15 % de déplacements à deux roues d’ici 2020. Les principaux projets  portent notamment sur l’élargissement des bandes cyclables dans certains boulevards, la création d’itinéraires ou l’installation de feux comportant des indications pour les vélos. Pas moins de 70 actions doivent être menées d’ici 2020, avec un budget de 70 millions d’euros.
  7. Anvers - Dans la capitale flamande, 22 % des trajets domicile-travail s’effectuent à vélo. La ville a récemment investi dans une autoroute pour vélos longue de 23km. Une voie express vélo de quatre mètres de large reliant Anvers et Malines, qui dispose désormais d’une signalisation propre.
  8. Ljubljana – La capitale de la Slovénie concentre principalement ses efforts pour réduire le nombre de voitures en circulation au profit des vélos.
  9. Tokyo – Première ville non-européenne, Tokyo revendique 20 % de déplacements domicile-travail à vélo. En vue de l’accueil des Jeux Olympiques en 2020, la ville entend soutenir la construction d’infrastructures cyclables le long des routes. Pour le moment, l’accent est porté sur les places de stationnement.
  10. Berlin – Pour préparer la révolution cycliste, différents projets sont en cours. Adopté en juin 2018, le plan vélo berlinois prévoit la construction de 60 nouvelles pistes cyclables - dont  100 km de voies express - et 100 000 places de stationnement (portes-vélos, garages, boxes à plusieurs niveaux), d’ici 2025. Une interdiction de circulation pour les voitures est d’ailleurs prévue sur l’avenue Unter den Linden. Niveau sécurité, les pistes cyclables doivent désormais être élargies à 2 mètres pour faciliter les dépassements. Celles-ci devront aussi être entièrement peintes en vert pour accroitre leur visibilité. Le budget de ce plan pour l’infrastructure cycliste à Berlin a été fixé à 100 millions d’euros pour la période 2018-2019.

La suite du classement se poursuit avec Barcelone (11ème position), Vienne (12ème position) et Paris (13ème position), pour qui le réseau vélo express est attendu pour 2020 avec 130 km de voies rapides. Viennent ensuite les sept dernières villes du classement avec Séville, Munich, Nantes, Hambourg, Helsinki, Oslo et Montréal.

(1). La méthodologie de l’étude consiste en un questionnaire par ville où les habitants, et plus particulièrement les cyclistes, sont invités à répondre en notant leur ville sur une échelle de 1 à 10 en matière d’aménagements et de bien-être cycliste. 

 

Le plan vélo du gouvernement mobilise les entreprises

(Paris, le 19 septembre 2018)

Alors que seulement 3 % des déplacements quotidiens se font à vélo en France, la moyenne européenne est de plus du double, avec notamment 10 % des déplacements en Allemagne et 28 % aux Pays-Bas. Autre constat, les trajets inférieurs à 5 km représentent près de 60 % des déplacements quotidiens des Français, avec un recours à la voiture avoisinant les 50 %.

Pour positionner le vélo au « cœur des mobilités », le gouvernement français a présenté le 14 septembre dernier son « plan vélo » avec pour objectif de tripler la part du vélo dans les déplacements quotidiens et atteindre 9 % d’ici 2024, date des Jeux Olympiques à Paris. Un budget de 350 millions d’euros sur sept ans est prévu (soit 50 millions d’euros par an).  Les associations  d’usagers réclamaient 200 millions par an.

Afin de changer les habitudes des Français et ancrer « la petite reine » dans leurs modes de déplacements, le plan de l’Etat s’articule autour de quatre grandes orientations :

  • Sécurisation des déplacements à vélo (aménagements cyclables de qualité)
  • Sûreté : lutte contre le vol de vélos (marquage des vélos à l’achat)
  • Mise en place d’un cadre incitatif (fiscalité, sécurité)
  • Développement d’une culture du vélo (apprentissage et bienfaits)

 

Les entreprises sont concernées au premier plan par ces dispositifs

Tous les employeurs privés et publics pourront mettre en place un forfait mobilité durable pour prendre en charge les déplacements domicile-travail de leurs salariés. Cette contribution forfaitaire remplacera l’indemnité kilométrique vélo (IKV) afin de permettre une meilleure appropriation par les employeurs.

Pour mémoire, l’indemnité kilométrique vélo (IKV) avait été initiée par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte en 2015. Le forfait mobilité durable sera exonéré de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu pour le salarié, jusqu’à hauteur de 400€/an. Pour ouvrir la voie, l’Etat généralisera ce forfait pour tous ses agents à hauteur de 200€ par an d’ici 2020.

Le vélo va par ailleurs être introduit dans le barème fiscal, qui sert à rembourser les frais de déplacement des salariés effectué dans le cadre professionnel.

Les entreprises pourront également bénéficier d’un soutien à l’achat de vélos à assistance électrique - y compris pour les vélos cargos – par le biais de certificats d’économie d’énergie (CEE) prévus fin octobre 2018.

L’Etat soutiendra aussi la mise à disposition de flottes de vélos par les entreprises pour les déplacements domicile-travail de leurs salariés. Les entreprises ayant souscrit un engagement de location de vélos d’une durée supérieure ou égale à 5 ans (ou 3 ans pour les entreprises de moins de 10 salariés) pourront bénéficier d’avantages fiscaux. Elles pourront déduire de leur impôt sur les sociétés les frais générés par la mise à disposition de vélos pour leurs salariés dans la limite des 25 % des frais engagés pour l’achat ou l’entretien de la flotte de vélos ou vélos à assistance électrique. 

Salons de l'Auto: pourquoi ils restent indispensables

(Paris, le 10 septembre 2018)

Le Mondial de l'Auto ouvre ses portes dans un peu plus de trois semaines. A en croire certains médias, les salons automobiles ne servent plus à rien et sont condamnés à disparaître, ringardisés par des événements bien plus « hype » comme par exemple le CES de Las Vegas. Il est vrai que la thématique automobile a pris de l’ampleur au Consumer Electronics Show de Las Vegas, avec la voiture autonome et connectée. Certains acteurs ont pris l'habitude d'y être présents tous les ans, comme BMW, Ford, Hyundai-Kia et Toyota chez les constructeurs; Bosch, Continental et Valeo pour les équipementiers. D’autres y viennent plus épisodiquement, comme Mercedes et Nissan; et d’autres sont partis, comme Audi). C’est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux partenaires incontournables comme Nvidia et Qualcomm, dont les puces embarquent à bord.

Le fait est que le CES concurrence le salon de Detroit en début d’année, à tel point que le rendez-vous annuel du Michigan va changer de date à partir de 2020. Il aura lieu en juin pour regagner de la visibilité et du public. Le CES de Las Vegas est devenu si couru que même le Mondial de l’Auto – qui reste pourtant le premier salon spécialisé au monde en termes de fréquentation – a noué un partenariat avec lui pour bénéficier de son aura. Le CES Unveiled Paris aura ainsi lieu le 3 octobre pendant le Mondial, dans le tout nouvel espace Mondial.Tech. Ce partenariat entre salons de la high-tech et ceux du « vieux monde » automobile n’est d’ailleurs pas une première, puisque le salon de Genève s’est rapproché de l’IFA de Berlin.

Les autres événements qui  concurrencent les salons automobiles sont le Mobile World Congress de Barcelone et le Web Summit de Lisbonne. On peut y entendre les grands dirigeants de l’industrie automobile et certaines marques y dévoilent en avant-première de nouvelles technologies et de nouveaux services. On peut même y voir parfois des concept-cars qui n’ont jamais été montrés ailleurs.

Pour autant, l’automobile n’occupe qu’un très modeste espace dans ces shows high-tech. La présence de ces marques ne touche que les leaders d’opinion (médias, blogs) et représente avant tout un « coup » en termes de marketing.

A ce jour, rien ne vaut un salon de l’automobile pour le client final. C’est la garantie de pouvoir s’asseoir à bord des modèles, de découvrir toute une gamme de véhicules et de pouvoir bénéficier d’informations de la part d’un personnel formé à cet effet. Des espaces sont par ailleurs aménagés, avec des bornes tactiles, pour se plonger dans les innovations. Dans les shows high-tech, les véhicules ne sont pas forcément accessibles… quand il y en a (parfois, le concept est présenté en réalité virtuelle). Au MWC, même les journalistes étaient écartés des véhicules quand des clients (comprendre des industriels de l’automobile) visitaient le stand. Quant au dialogue avec des experts, là encore, difficile de les approcher quand on ne travaille pas pour un média.

L’autre avantage du salon automobile est qu’il dispose d’un centre d’essai. C’est le cas par exemple du Mondial de l’Auto, qui proposera un centre indoor dans le hall 2 pour découvrir les derniers véhicules électriques. Il proposera même un centre d’essai en plein Paris, place de la Concorde, pour prendre en main des véhicules à énergie alternative (de l’hybride à l’hydrogène en passant par le gaz).

Il faut donc bien distinguer le buzz suscité par des innovations en rupture, préfigurant ce que l’on trouvera demain sous le capot et dans le tableau de bord, et le produit qui se destine au client final. On remarquera d’ailleurs que certains constructeurs font les deux. Ils sont à la fois au CES (et au Mobile World Congress) et dans les salons automobiles. 

Pour sécuriser leur avenir, les salons de l’automobile doivent évoluer et tenir compte des nouveaux comportements (mobilité partagée, numérique), sans pour autant perdre ce qui fait leur spécificité : le contact avec le produit. Ce sera toujours un cadre adapté pour évoquer les moteurs et les technologies liées au véhicule lui-même. La fréquentation, qui reste à un niveau très élevé, montre en tout cas que ces rendez-vous ont toujours un public.

Le gouvernement pousse les mobilités "propres"

 

(Paris, le 27 juillet 2018)

Avec le « plan mobilités propres » présenté le 20 juillet 2018 par la ministre des transports, Elisabeth Borne, et le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, le gouvernement français confirme son engagement pour rouler plus propre.
Les mesures annoncées visent exclusivement les véhicules des particuliers et des entreprises, dont il faut réduire les émissions, avec en ligne de mire l’objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Voici les principales dispositions :

Généralisation des zones à faibles émissions (ZFE)
La restriction - voire  l’interdiction - de circulation des véhicules les plus polluants à certaines heures est déjà bien installée à Paris. Un dispositif que le gouvernement souhaite désormais élargir sur la quinzaine de territoires les plus pollués, la généralisation des  ZFE devant être opérationnelle avant 2020.

Développement massif des transports en commun et du covoiturage

Fiscalement, les employeurs seront incités à rembourser une partie de leurs frais de transport aux salariés qui effectuent leurs déplacements domicile-travail en covoiturage.

Renforcement du bonus-malus écologique.

Nouveau coup de vis en perspective pour le malus. Le seuil de déclenchement du malus, qui est actuellement fixé à 120 gr/km, va être à nouveau abaissé et devrait perdre 3 grammes en 2019. Rien n’est annoncé pour les années suivantes, mais l’idée est de s’inscrire dans une trajectoire en baisse jusqu’en 2021. Quant au bonus écologique, qui profite aux acquéreurs de véhicule électrique, il devrait être maintenu à un niveau important, sans plus de précision du gouvernement. 

Le  futur « plan vélo » devrait quant à lui, être dévoilé en septembre à l’échelle nationale.

Plus de détails sont disponibles sur le site du Ministère de la Transition écologique et solidaire.

 

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