Ces villes qui ne veulent plus de voitures thermiques

(Paris, mis à jour le 7 décembre 2017)

Depuis le 1er juillet 2016, tous les véhicules mis en circulation avant 1997, sont interdits de circulation entre 8h et 20h les jours de semaine dans Paris. Les contrevenants s'exposent à une amende de 68 euros. Ce dispositif prévoit d’être durci dès 2020, date à laquelle tous les véhicules thermiques de plus de 9 ans, c’est à dire mis en circulation avant 2011, seront interdits de circuler dans la capitale.

Le système des pastilles de la Mairie de Paris est la première application concrète du plan de Ségolène Royal introduit par la loi sur la transition énergétique d’août 2015, et qui prévoit l’instauration de six pastilles de couleur (les certificats sur la qualité de l’air) pour les véhicules.

Ce plan s'est accéléré début 2017, puisque depuis le 15 janvier 2017, Paris est devenue la première zone à circulation restreinte (ZCR) de France. Concrètement, pour pouvoir rouler dans la capitale, les véhicules doivent s'équiper de vignettes Crit'Air permettant d'identifier les modèles les plus propres, moyennant le paiement de 4,18 euros. Les vignettes sont disponibles sur le site interne certificat-air.gouv.fr

Le dispositif parisien s'est encore durci le 1er juillet 2017. C'est désormais au tour des voitures ou deux roues porteurs de la vignette Crit'Air 5 (norme Euro 2) d'être interdits de circulation de 8h à 20h en semaine. Concrètement, il s'agit des fourgonnettes et véhicules diesel mis en circulation avant le 1er janvier 2001. Les poids-lourds et les autocars (norme Euro III) sont eux aussi interdits de circulation de 8h à 20h, mais sept jours sur sept.

Autre évolution du dispositif: toujours depuis le 1er juillet, le défaut de vignette sur le pare-brise est désormais passible d'une amende de 68 euros, quelles que soient les normes environnementales des voitures. 

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Pour retrouver l'ensemble des informations de la Mairie de Paris, http://www.paris.fr/stoppollution

En Europe deux types de mesures ont été déployés pour lutter contre la pollution atmosphérique émise par les parcs automobiles : le péage urbain et les zones de basses émissions. Tour d'horizon des principales initiatives par l'Observatoire du véhicule d'Entreprise.

  • Le péage urbain : arbitraire mais dissuasif

C’est le moyen le plus ancien et le plus dissuasif pour limiter la pollution dans les grandes capitales européennes. A ce jour, Stockholm, Oslo (qui souhaite un centre-ville sans voiture en 2019) ou encore Londres l’ont adopté. Les tarifs varient selon les émissions polluantes du véhicule.

Ce principe se retrouve également en Italie, sous la forme de “Zones à Trafic Limité” (ZTL), visant à protéger les centres historiques des grandes villes comme Rome ou Florence. Il n’est possible d’accéder à ces quartiers qu’en s’acquittant d’un permis spécial délivré par les mairies, qui se révèle être très onéreux, donc dissuasif. Un permis similaire a été mis en place à Budapest (Hongrie).

En France, l'instauration d'un péage urbain a été étudiée à Lyon, s’inspirant de celui présent à Milan depuis 2012, avant d’être remplacé par un plan de ZCR (Zone à Circulation Restreinte), dans le cadre du projet “villes respirables en 5 ans”, développé dans 25 agglomérations parmi lesquelles Bordeaux, Lille ou encore Strasbourg. Ces futures ZCR ressemblent peu ou prou aux LEZ (Zone Basse Émissions) pilotées au niveau européen.

  • Low Emission Zones : une formule en plein essor

Principalement destinées aux camions, les zones basses émissions se multiplient dans les grandes villes européennes, et s’appliquent aussi de plus en plus aux voitures.

Outre-Rhin, 70 des villes les plus importantes du pays, dont Berlin et Munich, sont désormais pourvues de “zones environnementales protégées”, situées au coeur des centres-villes. La circulation est régie par un principe de vignettes (rouges, jaunes, vertes) similaires à celles prochainement mises en place à Paris, excluant les véhicules antérieurs à 1997.

Au total près de 200 LEZ existent d’ores et déjà en Europe, comme à Oslo, Lisbonne (tous les véhicules avant 1996 sont interdits), Stockholm, Vienne ou encore Londres.

Limitées aux poids-lourds, les LEZ d’Amsterdam et Rotterdam et plus largement des Pays-Bas seront étendues aux voitures à compter du 1er janvier 2018, interdisant la circulation des véhicules diesel, notamment les utilitaires légers, antérieurs à 2004 et essence antérieurs à 1991.

Contrairement à l’Allemagne, le contrôle se fera à l’aide des caméras spéciales qui identifierons les plaques d’immatriculation, tout comme à Anvers et Bruxelles, où la création de LEZ est prévue respectivement pour 2017 et début 2018. Seuls les véhicules postérieurs à la norme Euro 5 (2008) pourront circuler d’ici à 2025.

A l’instar du Japon qui, à partir de 1999, a obligé ses constructeurs à supprimer le diesel de son marché intérieur, plusieurs pays du nord de l’Europe ont des ambitions bien plus élevées en matière de pollution de l’air : éradiquer purement et simplement les moteurs diesels, voire même thermiques.

Des projets de lois interdisant la commercialisation de véhicules thermiques fleurissent dans plusieurs pays ces derniers temps. L’Autriche pourrait ainsi ne proposer que des véhicules électriques dans ses concessions dès 2020 et la Norvège d’ici 2025. Dans ce pays, près de 24 % des véhicules particuliers neufs mis à la route depuis le début de l'année sont à propulsion électrique. Les Pays-Bas, quant à eux, étudient la possibilité d’interdire le thermique à horizon de 2035. Le Parlement a même légiféré pour interdire la vente de ces véhicules dans ce pays.

Au Danemark aussi, la voiture n'est plus à la mode. La capitale Copenhague veut interdire les nouveaux diesel en 2019. Il y a désormais plus de vélos que de véhicules dans la ville. La construction de parkings pour voitures est interdite, la vitesse de circulation a été ramenée à 40 km/heure, tandis qu'un programme d'investissement prévoit le développement de 500 km de pistes cyclables. 

L'Allemagne se penche à son tour sur le sujet, tout en développant un plan d'aide en faveur du véhicule électrique et hybride rechargeable. Le gouvernement fédéral envisage sérieusement d'interdire le diesel et l'essence en 2030. Le pays est en retard sur sur son plan de réduction des émisions de gaz à effet de serre, qui prévoit notamment de réduire de 80 à 95% ses émissions de CO2 par rapport à 1990, et doit donc prendre des mesures radicales.  

Cette prise de conscience touche désormais tous les pays, même les plus mauvais de la classe en termes de lutte contre la pollution atmosphérique. Ainsi l’Inde a annoncé un ambitieux programme d’investissement dans la voiture électrique, avec l’objectif de proposer une offre 100 % électrique en 2030…