Interdiction des véhicules thermiques: qui annonce quoi?

(Paris, le 11 décembre 2017)

La France et son ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot, ont marqué les esprits cet été en annonçant la fin de la vente de véhicules thermiques en 2040. Paris et sa maire, Anne Hidalgo, sont aussi à la pointe de la lutte contre l’automobile. Mais que se passe-t-il ailleurs dans le monde ? L’Observatoire du Véhicule d’Entreprise fait le point.

BELGIQUE

Plus question de soutenir le diesel pour la Belgique qui s’attelle à la promotion des carburants alternatifs et des véhicules hybrides et électrique. La fin du diesel est annoncée pour l’horizon 2030 (sauf pour les véhicules utilitaires). Dans ce pays, la fin du thermique passera par les entreprises puisqu’une voiture sur deux est aujourd’hui une voiture de société.

Du côté des villes, les véhicules les plus polluants ne pourront plus circuler dans aucune des 19 communes bruxelloises (Anderlecht, Ville de Bruxelles, Ixelles, Etterbeek, Evere, Ganshoren, Jette, Koekelberg, Auderghem, Schaerbeek, Berchem-Sainte-Agathe, Saint-Gilles, Molenbeek-Saint-Jean, Saint-Josse-ten-Noode, Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre, Uccle, Forest et Watermael-Boitsfort) à compter du 1er janvier 2018. Les règles d’accès à la Low Emission Zone seront applicables tous les jours de la semaine (7j/7) et 24h/24.

Sont visés par cette mesure tous les Diesel (voitures, camionnettes de moins de 3,5 tonnes, les bus et les autocars sans norme Euro et Euro 1). Pour l’instant les véhicules essence ne sont pas concernés, mais le dispositif va évoluer.

CHINE

Face à la qualité de l’air, érigée en problème sanitaire n°1, le gouvernement chinois met en place un projet de règlement qui vise à en finir avec les véhicules thermiques. L’idée est d’imposer aux constructeurs un quota de « voitures propres ». Chaque véhicule vendu donnerait droit à un certain nombre de crédits, plus généreux pour les voitures électriques. Les constructeurs auront alors l’obligation d’accumuler dès 2018, 8% de crédits « véhicules verts » sur le total de leurs ventes. Il devront aussi  vendre 10% de véhicules hybrides ou électriques en 2019. Une proportion qui passera ensuite à 12% en 2020, 15% en 2025 et 40% en 2040. Si leur quota n’est pas respecté, les constructeurs automobiles devront acheter des crédits auprès de leurs concurrents « excédentaires », ou payer des pénalités.

Pour le moment, le gouvernement chinois travaille encore sur un calendrier pour une interdiction de la production et de la vente de voitures à carburants fossiles. Un enjeu de taille pour ce pays dont le parc en circulation atteignait fin 2016 quelque 180 millions de véhicules et où les immatriculations de VP neufs pourraient atteindre 25,75 millions d’unités en 2018, selon les prévisions de l’Observatoire automobile Cetelem.

INDE

Selon l’OMS, l’Inde compte six villes parmi les plus polluées au monde. Face à cette pollution alarmante, des objectifs titanesques sont prévus dans le secteur automobile : électrifier à 100 % le parc automobile dici à 2030. Pour le moment, aucun calendrier détaillé n’est annoncé mais selon les projections du gouvernement, d’ici à 2020, ce sont près de 6 millions de véhicules électriques qui pourraient circuler sur les routes indiennes.

Pour encourager plus vivement le secteur, le gouvernement envisage un soutien fiscal et cherche même à renouveler sa propre flotte de véhicules en la convertissant à l’électrique. Les 500 premiers véhicules ont été livrés fin novembre, avec pour principal bénéficiaire Tata Motors. D’autres appels d’offres devraient d’ailleurs suivre pour promouvoir les trois roues et les bus. En somme, des objectifs ambitieux qui provoquent une dynamique indéniable mais qui posent aussi quelques incertitudes : l’Inde a-t-elle les moyens de ses ambitions ? Le problème majeur reste une nécessaire baisse des prix, mais surtout, l’assurance d’une alimentation électrique ininterrompue dans le pays. Côté constructeurs, c’est la question du réseau de stations de recharge qui pose problème. Un projet de déploiement de « consignes » de batteries pré-chargées en stations-service est à l’étude.

NORVEGE

Le Parlement de Norvège a voté l’interdiction de vente des véhicules thermiques à compter de 2025. A cette date, les voitures « zéro émission » devront donc représenter l’intégralité des voitures neuves vendues dans ce pays.

Les interdictions de circulation fleurissent déjà dans les villes. C’est le cas d’Oslo les jours de pics de pollution. Mais à partir de 2019, la capitale de la Norvège interdira toutes les voitures thermiques (Diesel et essence) dans le centre-ville.

PAYS-BAS

Les Pays-Bas veulent interdire la vente de voitures thermiques en 2035. Mais d’ores et déjà les Diesel sont interdits à Amsterdam dans le centre-ville, et les rues piétonnes se multiplient.  

ROYAUME-UNI

Deuxième marché européen pour le diesel, le Royaume-Uni prévoit d’interdire la vente de nouveaux véhicules diesel et essence à partir de 2040, d’après Michael Gove, ministre de l’Environnement. Cette annonce s’inscrit dans un vaste plan d’amélioration de la qualité de l’air doté de 3 milliards de livres de financements, dont 1 milliard d’aides aux véhicules électriques. Les collectivités locales bénéficient, elles, de 255 millions de livres pour les aider à mettre en place des mesures concrètes d’ici à fin 2018 (péages…)

Outre-Manche, Londres est particulièrement en pointe dans ce domaine. Depuis le 23 octobre 2017, la « T-Charge » est en vigueur. Il s’agit d’une taxe de 10 livres par jour pour les véhicules les plus polluants, qui veulent entrer dans le centre de Londres. Elle s’ajoute à la « Congestion tax » de 11,50 livres. Les véhicules concernés sont tous les Diesel ou essence immatriculés avant 2006 ne respectant pas la norme Euro 4.

La mise en place de cette nouvelle taxe s’impose comme un tremplin vers la création de « zones à émissions ultra-réduites » qui verront le jour dans la capitale britannique en avril 2019, couvrant dans un premier temps le centre  avant d’être étendues.