La Model 3: le nouveau pari de Tesla

 

(Paris, le 1er avril 2016)

Tesla s’est déjà hissé sur la seconde place du podium pour les ventes en Europe, reléguant Nissan à la troisième place et se rapprochant inexorablement de Renault. La marque totalise plus de 100 000 exemplaires vendus, sur la seule base d’un modèle proposé entre 70 et 100 000 €. Avec un ticket d’entrée à 35 000 $, de moitié inférieur à celui de la Model S, la Model 3 a de quoi inquiéter la concurrence.

Le fait que 115 000 personnes aient accepté de la pré-réserver, en versant 1000 dollars, en dit long sur l’attractivité qu’exerce la marque californienne. C’est la première fois que des clients font la queue pour acheter une voiture, à la manière des fans d’Apple qui passent la nuit dans une file d’attente pour décrocher le dernier iPhone.

Pourtant, la Model 3 ne sera pas limitée en volume. Au contraire, Tesla espère bien faire un carton. Il est d’ailleurs un peu vain de réserver une voiture qui n’arrivera dans le meilleur des cas qu’en 2018 en Europe.

La vraie question est de savoir si ce nouveau modèle fera la différence. Avec près de 350 km d’autonomie, la Model 3 affiche des performances en retrait par rapport à sa grande sœur. Normal. Dans la mesure où le véhicule est plus compact, il ne peut pas embarquer une aussi grosse batterie que la S. C’est un rayon d’action confortable, mais du même niveau que la Chevrolet Bolt (qui se déclinera l’an prochain en Europe chez Opel sous le nom e-Ampera). Et du côté de Renault et Nissan, on prépare aussi l’arrivée de batteries plus performantes, avec une autonomie doublée.

La Model 3 disposera du système Auto Pilot en série. C’est un argument intéressant, mais l’assistance à la conduite est au cœur de la stratégie de tous les principaux constructeurs. La BMW i3, qui propose déjà un assistant pour les embouteillages, et toute une panoplie d’équipements actifs de sécurité, va aussi hausser son niveau de jeu. Quant à Nissan, il va intégrer dans la prochaine Leaf certaines innovations vues dans le concept IDS.

Tesla peut jouer sur la séduction. D’une certaine façon, malgré une concurrence qui devient plus acharnée, Elon Musk est en passe de réussir son pari : celui d’installer dans la durée une marque née dans la Silicon Valley et qui a basé son succès d’abord sur le haut de gamme. Une sorte d’Apple de l’automobile.