L'utilitaire à hydrogène trace sa route

(Paris, le 24 mai 2017)

Dans un contexte en apparence plus favorable au véhicule à batterie, la PME française Symbio est en train de montrer qu’il existe aussi une place pour les utilitaires à hydrogène, avec un couplage astucieux entre le range extender avec une pile à combustible et une station de remplissage adaptée  à la taille des flottes captives.

Début mai, Symbio a reçu une commande de 50 véhicules équipés de son prolongateur d’autonomie avec pile à combustible. Ces Kangoo H2 sont destinés à Engie Cofely, en région parisienne. Certes, on reste en famille, car l’énergéticien est actionnaire de Symbio depuis l’an dernier à hauteur de 20 %. Néanmoins, il ne s’agit pas d’une énième expérimentation. Les utilitaires Renault, dont la transformation double le rayon d’action, seront amenés à rouler dans la capitale, qui a mis en place une ZCR (Zone à Circulation Restreinte).

Pour la circonstance, Engie va implanter une station de recharge hydrogène sur son site de Gennevilliers (92). Celle-ci sera déployée par GNVert, une de ses filiales qui est un opérateur de mobilité verte. L’hydrogène utilisé pour la recharge de ces véhicules sera produit à partir d’une électricité 100 % renouvelable fournie par le groupe Engie lui-même. La station sera accessible à « tous les professionnels désireux de s’engager dans la voie de transport zéro émission ». Engie  Cofely croit au potentiel de cette énergie, puisque la société a passé un accord avec Atawey, qui réalise des stations mobiles de production et de distribution d’hydrogène pour les petites flottes de véhicules, afin de l’alimenter en hydrogène issu d’énergies renouvelables. Cette solution va notamment être mise en place dans le Morbihan.

Un peu partout en France, on voit fleurir ce genre d’initiative. A Sarreguemines, un projet européen a permis de faire sortir de terre une station qui produit de l’hydrogène vert. Ce projet baptisé FaHyence a été réalisé notamment en partenariat avec EDF et McPhy (une société très en vue dans l’hydrogène). Les véhicules qui viennent s’y ravitailler sont encore une fois des Kangoo H2.

Ces mêmes utilitaires roulent un peu partout en France, dans la Manche, à Rouen, dans l’Aveyron et surtout en région Rhône-Alpes Auvergne, où ils sont utilisés par des entreprises et des collectivités, dans le cadre du projet HyWay. C’est aussi le cas à Paris, où le Kangoo H2 participe par exemple au service « VULe Partagés » mis en place par la Région Ile de France. La Mairie de Paris en utilise aussi dans ses services techniques et les alimente à partir de sa propre station H2.

Symbio estime être aujourd’hui que le marché de l’hydrogène a démarré. La PME française évolue certes dans une niche, avec des véhicules qu’elle vend moins de 30 000 € (moitié moins cher qu’une Hyundai ix35 FC ou une Toyota Mirai). Mais cette niche va s’agrandir avec une solution qui va être appliquée prochainement sur le Nissan e-NV200 et probablement à terme le Renault Master Z.E. Au fur et à mesure, Engie et d’autres partenaires aident à réaliser des stations de remplissage pour alimenter ces véhicules. Ce sont des petites stations, qui délivrent l’hydrogène à une pression de 350 bars.

On assiste donc à l’ébauche d’un réseau, même si ces stations ne seront pas compatibles avec les véhicules des grands constructeurs, qui eux ont opté pour un stockage de l’hydrogène à 700 bars. Mais, c’est une réponse qui convient bien aux collectivités qui ont choisi de devenir des territoires hydrogène.