Nissan Leaf: elle garde une longueur d'avance

(Paris, le 3 avril 2018)

Si l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi domine l’électromobilité au niveau mondial, c’est essentiellement grâce au constructeur japonais, qui a écoulé plus de 300 000 exemplaires de la Leaf depuis 2010. C’est trois fois plus que la Renault ZOE. En même temps, Nissan a sorti sa voiture avec près de trois ans d’avance sur son partenaire français…. Et depuis, il l’améliore. Il y a eu par exemple une nouvelle batterie de 30 kWh début 2016, portant l’autonomie à 250 km théoriques.

Mais la Leaf de 2018 est vraiment nouvelle, avec un gabarit plus proche de la berline et un design nettement plus fédérateur (face avant évoquant un air de famille avec les SUV, proue calquée sur les Volvo). Le conducteur ne verra plus les feux avant dépasser du capot, comme c’était le cas jusqu’à maintenant. La voiture a pourtant été élaborée sur la même plateforme que sa devancière. Mais, elle est plus grande (+ 4 cm) et propose plus d’espace, notamment pour le chargement.

A bord, les changements sont également notables. Le tableau de bord est plus conventionnel et l’écran tactile se met au niveau de ce qui se fait actuellement (avec notamment les interfaces Android Auto et CarPlay). Entre les sièges, un petit bouton fait la différence. Il s’agit du système e-pedal, qui amplifie la force de récupération au freinage (jusqu'à 0,2 g), avec à la fois du frein moteur et une action mécanique. Il suffit de lever le pied pour arrêter la voiture sur place. On se pique assez vite au jeu, au point de ne plus toucher (ou presque) à la pédale de frein.

Sur le plan des performances, l’évolution est sensible. La puissance du moteur électrique passe de 109 à 150 ch (110 kW), avec un couple de 320 Nm. Ce n’est peut-être pas aussi époustouflant qu’une Tesla Model 3, mais l’accélération de 0 à 100 km/h se fait en 7,9 secondes. Et l’avantage vient du fait qu’il n’y a pas d’attente pour avoir une Leaf. Quant à l’'autonomie, elle est donnée pour 378 km théoriques et 270 réels, grâce à la batterie de 40 Kwh.

Avec ces arguments, la berline japonaise électrique a déjà de quoi tenir tête à la Renault ZOE, la BMW i3 et d’autres concurrentes encore comme la e-Golf ou la Hyundai Ioniq. Mais elle a en plus la technologie ProPilot (dont BMW a aussi l’équivalent). Le système combine le régulateur de vitesse intelligent (ACC) et le contrôle de la direction avec alerte de franchissement de lignes. Une fois qu’il est activé depuis le volant, la voiture gère l'interdistance avec le véhicule qui précède et se cale sur le marquage au sol pour centrer le véhicule dans la voie. Le dispositif fonctionne à partir de 30 km/h. C’est plutôt reposant sur le périphérique parisien et les autoroutes, où elle peut s’arrêter et repartir seule dans les bouchons. Mais, il faut rester attentif car le système ProPilot est vite perdu quand les bandes sont effacées. La Leaf propose par ailleurs un système de rétrovision à 360 degrés et un système de stationnement automatique (ProPilot Park) qui gère tout. 

Techniquement au niveau d’une BMW, mais pour un prix inférieur, la Nissan pourrait venir concurrencer la ZOE. Elle est plus grande que la star française de l’électrique et mieux équipée.