Renault et Nissan en mode semi-autonome

(Paris, le 11 mars 2016)

Comme elle en avait pris l’engagement, l’Alliance commence à introduire des assistances à la conduite afin d’améliorer la sécurité et le confort. Elle en a fait la démonstration lors du dernier salon de Genève.

Depuis le dernier Espace, puis avec la Talisman et la Mégane, Renault a rattrapé d’un coup le retard qu’il pouvait avoir en matière d’aides à la conduite sur la concurrence. La marque enfonce encore le clou avec le tout nouveau Scenic. Sur le plan de la sécurité active, le monospace de Renault reprend les équipements de l'Espace et des autres modèles plus récents (ACC, alerte de franchissement de ligne...). Mais, il étrenne aussi le Freinage Actif d’Urgence avec détection de piéton (AEBS/Active Emergency Braking System).

Cette aide à la conduite est disponible sur une plage de vitesse allant de 7 à 60 km/h. Le système permet de freiner automatiquement jusqu'à l'arrêt complet en cas de non réaction du conducteur, grâce à la combinaison entre une caméra et un radar. Le Scenic exerce également une action de correction pour rester dans la file (Lane Keeping Assist) et propose en prime un détecteur de fatigue.

Nissan n’est pas en reste dans ce domaine, puisque le constructeur japonais introduira sur le marché européen sa première voiture semi-autonome en 2017. Il s’agira d’un Qashqai équipé de la technologie Piloted Drive 1.0, qui est un système de maintien du véhicule dans sa file, permettant de rouler de façon autonome sur autoroute.

L’Observatoire du véhicule d'entreprise (OVE), qui a participé à une table ronde avec Takao Asami, le vice-président en charge de la R&D chez Nissan et Renault, a pu constater que l’Alliance avait une road map précise. Le souhait est de proposer progressivement les technologies, à un coût abordable. Ce n’est pas une course de vitesse, mais un mouvement de fond qui entraînera l’industrie auto vers des véhicules toujours plus connectés et capables d’anticiper sur les accidents.

Si les constructeurs avancent bel et bien à pas de géants sur la technologie des futurs modèles autonomes, les pays font preuve d'une plus grande lenteur dans l'établissement de normes règlementaires permettant de faire circuler ces véhicules. Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan l'a d'ailleurs souligné à Genève. "Nous avons rapidement besoin de normes internationales compatibles", a-t-il fait valoir. Finalement, ce qui inquiète les constructeurs, c'est moins leur capacité à innover technologiquement que la capacité des Etats à légiférer pour rendre accessibles leurs innovations.