Taxi à hydrogène: la solution pour les villes?

(Paris, le 28 février 2019)

Les taxis ont adopté la Prius, d’autres les Tesla, en alternative au Diesel. Les chauffeurs pourraient-ils demain se convertir à l’hydrogène ?

On ne le sait pas forcément, mais Paris est la ville au monde où l’on trouve le plus de taxis à hydrogène. Il y en a déjà 100 (62 Hyundai ix35 FCV et 38 Toyota Mirai) au sein de la flotte HYPE, qu’opère la STEP (Société des Taxis Electriques Parisiens). Et avant la fin 2020, il y en aura 600 ! Si cet objectif était déjà affiché par la compagnie, soutenue par le géant Air Liquide, il sera bel et bien atteint. Toyota en a apporté la certitude, car il a négocié la production de 500 Mirai qui viendront s’ajouter à la flotte en 2019 et 2020. C’est un contrat conséquent, mais la relation va au-delà d’un simple accord commercial.

En association avec Air Liquide, Idex et HYPE, le constructeur japonais a décidé de participer à une société commune qui vise à développer le taxi à hydrogène. Elle a pour nom Hysetco. Dotée d'un budget de 100 millions, la société est détenue à part égale par chacun des partenaires à hauteur de 25 %. C’est un écosystème complet qui se met en place. La structure va se servir de ces fonds pour acheter les voitures, financer les licences de taxi et construire les stations. Pour le moment, il y en a 4 (Paris pont de l’Alma, Orly, Versailles et Roissy). Il en faudrait 10 d’ici deux ans. Les chauffeurs vont se voir proposer un leasing sur une durée de 3 ans, pour un kilométrage de 250 000 km. Le loyer serait de 800 à 1000 euros par mois. Toyota estime qu'il va pouvoir bientôt réduire le coût de la Mirai en augmentant les cadences de production, et encore plus quand la nouvelle génération de sa berline à hydrogène sortira en 2021. Celle-ci aura d'ailleurs plus de coffre, un défaut que l'on peut reprocher à l'actuelle version. Le prix de l’hydrogène, lui, est de 10 euros le kg. Il devrait baisser à terme.

La société commune proposera ensuite aux autres taxis et VTC de se convertir à l’hydrogène, à Paris comme dans d’autres villes du monde.  La prochaine capitale visée est Bruxelles, où HYPE a prévu de s'implanter. Par rapport à l’électrique à batterie, l’hydrogène permet de recharger plus vite et d’avoir une autonomie supérieure (600 km aujourd'hui, demain beaucoup plus). Ce qui fait que les taxis tournent 22 h sur 24 chez HYPE, avec deux ou trois chauffeurs.