Voiture autonome: quelles sont les prochaines étapes?

(Paris, le 9 juillet 2018)

Malgré une politique volontariste, la France a encore du mal à mettre en œuvre des expérimentations de véhicules autonomes à grande échelle.

Un décret est entré en vigueur depuis le 30 mars pour faciliter les tests. La stratégie nationale de déploiement des véhicules autonomes a été présentée le 14 mai dernier. Malgré cela, les autorisations n’arrivent qu’au compte-gouttes de la part de l’Etat. Ainsi, il a fallu de longs mois avant qu’ADP (Aéroports de Paris) puisse faire circuler une navette autonome de Navya autour de Roissypôle, à l’aéroport CDG. Il est vrai que le parcours traverse une route ouverte à forte circulation, et que les deux navettes évoluent dans un environnement extrêmement dense où circulent également de nombreux piétons.

A Nantes, les tests d’une même navette de Navya n’ont pu débuter que le 1er juin en bord de Loire, avec du retard sur le calendrier prévu. Et pourtant, elle ne roule que sur 650 m sur un itinéraire protégé du trafic automobile. Le Vice-Président de Nantes Métropole, Pascal Bolo (qui est par ailleurs Président de la SEMITAN, la compagnie de transports publics locale) s’en est d’ailleurs ému.  En introduction du congrès Electric Road, qui se déroulait récemment sur place,  il a fait remarquer qu'il « devrait être plus facile d’expérimenter en France une navette autonome ».

Du côté de Rouen, on prépare aussi l’arrivée d’un service de transport à la demande automatisé, en complément des transports en commun. Prévu initialement en avril, le service sera lui aussi mis en place à la rentrée de septembre par l’opérateur de transport public Transdev. L’expérimentation aura lieu au sein de la Technopole du Madrillet, à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), où se trouvent 5 000 étudiants et 2 500 salariés répartis sur 35 hectares. Trois Renault ZOE seront transformées en robots-taxis et circuleront sur route ouverte, sur un parcours de 10 km totalisant 3 boucles et comprenant 17 arrêts pour desservir la zone.

La prochaine expérimentation d’ampleur aura lieu en région parisienne. Répondant au nom d’EVAPS (Eco-mobilité par Véhicules Autonomes sur le territoire de Paris Saclay), elle devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. Soutenue par l’ADEME, elle vise à développer un service de transport à la demande automatisé, la nuit, entre la gare multimodale de Massy et le campus de Saclay. Les véhicules partageront une voie dédiée avec des bus et seront reliées à une infrastructure connectée. Pour ce projet, la filière automobile (réunie sous la bannière de la PFA) a déposé un projet commun avec Keolis, la RATP, la SNCF et Transdev.

Il semble de plus en plus évident que le véhicule autonome fera d’abord son apparition comme un moyen de déplacement à la charnière entre les transports en commun classiques et la voiture particulière. Dans le bois de Vincennes, une allée permet par exemple d’emprunter des navettes d’Easymile et de faire le trajet entre le métro Château de Vincennes et le parc floral.

Sur le véhicule classique, l’ajout de capteurs risque de rendre le coût du véhicule vraiment dissuasif, sauf dans le haut de gamme.