Diesel : ça sent quand même la fin

(Paris, le 16 novembre 2020)

Alors que la part de cette motorisation se situe à peine à 30 % sur le marché national et 69 % en entreprise, plusieurs constructeurs ont décidé de supprimer des versions de leur catalogue dès l’année prochaine. Les raisons sont multiples.

La première est liée à l’entrée en vigueur de la norme Euro 6 d.full (ou 6.3) qui s’appliquera dès janvier prochain. Elle implique des modifications techniques qui renchérissent de plusieurs centaines d’euros le prix des moteurs. Pour certaines marques, cela se traduit par l'ajout d'un catalyseur supplémentaire, d'un deuxième injecteur d'urée ou d'un nouveau système de refroidissement EGR à haute pression. Etant donné qu’il est plus coûteux de dépolluer un diesel qu’un modèle essence, la question du maintien se pose sur certains segments. C’est notamment le cas chez les citadines, où Dacia préfère pousser l’essence pour la Sandero, ainsi que Ford pour la Fiesta, Nissan pour la Micra, Seat pour l’Ibiza et Volkswagen pour la Polo. Ce choix est assez logique.

On voit aussi des versions disparaître sur les segments supérieurs. Y compris chez d’anciens ténors du Diesel. Ainsi, chez Peugeot, la 508 ne conserve pour 2021 que son BlueHDi 130 EAT8 à destination des entreprises. La marque au lion a décidé de supprimer les versions 160 et 180 ch afin de mettre l’accent sur l’hybride rechargeable de 225 ch. Sur le nouveau 3008, il n’y a plus de Blue HDI 180 ch. Il faut se contenter du seul moteur de 130 ch, avec boîte mécanique ou automatique. Peugeot préfère mettre l’accent sur les versions hybrides de 225 et 300 ch.

Renault est aussi en train de tourner le dos progressivement au Diesel. Ce moteur n’a pas été prévu sur l’Arkana, le SUV qui doit arriver en 2021. Celui-ci proposera la solution d’hybridation E-Tech, ainsi qu’une nouvelle micro-hybridation de 12 v. Par ailleurs, le Captur abandonne ses deux moteurs Diesel au profit de l’électrification. Outre la version E-Tech hybride rechargeable, il va s’enrichir d‘un mode hybride tout court et même d’une micro-hybridation 12 v. Sur le nouveau Scenic, prévu pour 2021, Renault a bien prévu deux moteurs Diesel de 120 et 150 ch. Mais, le plus puissant sera retiré du catalogue à la fin de l’année. Et sur la Mégane restylée seul subsistera le dCi de 115 ch. D’autres constructeurs ont fait le pari d’arrêter le Diesel aussi sur certains modèles : Mazda sur la 3, la 6 et le CX-30, ou encore Nissan sur le Qashqai.

Dans le haut de gamme, le choix de l’électrification est encore plus affirmé. Ainsi, au sein du groupe PSA, DS Automobiles n’a pas prévu de Diesel pour sa future berline DS9. Elle sera proposée en deux versions hybrides rechargeables de 250 et 306 ch. Pour sa part, Volvo a décidé de décliner le XC40 en hybride rechargeable et même en électrique. Si c’est plus anecdotique, Maserati abandonne aussi le Diesel sur la Ghibli, qui étrenne une micro-hybridation 48 v couplée avec un moteur à essence.